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En randonnée

Récit par adminBenoit • ⚡ Coécrit par Auteur Numérique
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Chapitre 1 1802 mots • Format : 👥 Présentiel

Chapitre 1 : Le Début

La poussière rouge du sentier s’élevait à chacun de leurs pas, collant à la peau moite de leurs mollets. Depuis près d’une heure, Julien et Léa progressaient le long de la ligne de crête des falaises de l’Algarve, sous un soleil de plomb qui écrasait le paysage. À leur gauche, la roche calcaire plongeait verticalement dans l’Atlantique, d’un bleu profond et immobile.

Julien s’arrêta un instant, ajustant la sangle de son sac à dos de randonnée gris. Son t-shirt technique, trempé de sueur entre les omoplates, collait à sa peau. Il passa une main sur son front pour essuyer les gouttes qui perlaient.

— Tu es sûre qu’on est toujours sur le bon tracé ? demanda-t-il en se retournant vers sa sœur. La carte indiquait un embranchement il y a dix minutes.

Léa, qui le suivait de près, s’arrêta à son tour. Elle portait un débardeur de sport bleu turquoise et un short de running noir assez court, souple, qui laissait ses jambes entièrement libres. Elle remonta ses lunettes de soleil sur ses cheveux relevés en un chignon rapide et jeta un coup d’œil vers le bas de la falaise.

— Le sentier continue de descendre de toute façon, dit-elle en désignant une brèche dans la roche un peu plus loin. Regarde, il y a des marches taillées dans la pierre là-bas. Ça doit mener à la crique dont parlait le mec de l’hôtel.

— Si c’est pour se retrouver sur une plage privée bondée, c’est pas la peine, répondit Julien en reprenant la marche. Ses chaussures de trail crissaient sur le gravier.

— Vu la pente, les touristes avec les parasols et les glacières ne descendent pas ici, tu peux me croire. Allez, viens. J’ai besoin de me baigner, je cuis littéralement.

Ils atteignirent l’étroit passage. Le sentier se transformait en un escalier abrupt, presque vertical, taillé à même la roche orange. Les marches étaient inégales, usées par le vent et le sel. Julien passa devant, agrippant les aspérités de la falaise pour assurer ses appuis. Son short technique beige, rigide et multipoche, frottait contre la roche calcaire à chaque grand pas.

— Fais gaffe, ça glisse à cause du sable, lança-t-il par-dessus son épaule.

— Je gère, répondit Léa.

À mi-chemin de la descente, une marche plus haute que les autres l’obligea à s’arrêter. Elle hésita, cherchant un appui pour son pied gauche. Julien se tourna, cala ses chaussures de rando contre la paroi et lui tendit la main.

— Prends mon poignet, dit-il.

Léa saisit son poignet, sa main chaude et légèrement humide serrant la sienne. Julien la tira vers le bas pour l’aider à franchir l’obstacle. Leurs épaules se frôlèrent un instant dans le passage étroit avant qu’elle ne retrouve l’équilibre sur la marche inférieure. Elle relâcha aussitôt sa prise.

— Merci, dit-elle simplement, en ajustant la bretelle de son petit sac à dos de quinze litres.

— Plus que quelques mètres, répondit Julien.

Le sentier déboucha enfin sur une petite crique de sable fin, presque entièrement fermée par d’immenses parois rocheuses qui projetaient une ombre bienvenue sur une partie de la plage. L’eau y était d’une transparence absolue, passant du turquoise près du bord au bleu marine plus au large. La brise marine, fraîche et salée, les percuta de plein fouet, contrastant avec la chaleur étouffante de la falaise.

Julien fit quelques pas sur le sable chaud, ses chaussures de trail s’enfonçant légèrement. Il s’arrêta net en observant la plage.

La crique n’était pas déserte. Une dizaine de personnes étaient réparties sur le sable, disposées par petits groupes ou en couples. Certains lisaient, d’autres discutaient tranquillement à voix basse, et deux personnes se baignaient à quelques mètres du bord. Tous avaient un point commun : ils étaient intégralement nus.

Léa arriva à la hauteur de Julien et s’arrêta à son tour. Elle baissa les yeux sur un couple d’une cinquantaine d’années allongé sur des serviettes à quelques mètres d’eux, puis balaya du regard le reste de la plage.

— Ah, d’accord, murmura-t-elle. Je crois qu’on a trouvé le coin des puristes.

— Ouais, effectivement, répondit Julien à voix basse. C’est une plage naturiste.

— C’est pas indiqué en haut en tout cas.

— Les plages sauvages ici, c’est souvent comme ça. On fait quoi ? On remonte ?

Léa regarda l’eau translucide qui venait mourir en petites vagues calmes sur le sable mouillé.

— Tu rigoles ? Après cette marche ? Il fait au moins trente-cinq degrés. Moi, je ne remonte pas sans m’être baignée. Les gens s’en foutent de toute façon, regarde-les, personne ne nous calcule.

Un homme d’une trentaine d’années, entièrement nu, sortit de l’eau à ce moment-là, secouant ses cheveux courts. Il passa à quelques mètres d’eux pour rejoindre sa serviette, leur adressant un simple signe de tête poli auquel Julien répondit par un geste similaire.

— Bon, d’accord, dit Julien. On s’installe là-bas, près du grand rocher ? Il y a de l’ombre.

— Parfait.

Ils marchèrent jusqu’au fond de la crique, là où la falaise formait un surplomb protecteur. Julien posa son sac à dos lourd sur le sable sec. Il s’assit sur un bloc de pierre plat et commença à détacher ses chaussures de trail. Il retira d’abord la chaussure droite, puis la gauche, révélant ses chaussettes de randonnée blanches et épaisses qu’il retira également, les glissant à l’intérieur de ses chaussures. Ses pieds, marqués par l’effort de la marche, trouvèrent la fraîcheur relative du sable à l’ombre.

Léa l’imita. Elle posa son sac à côté du sien, détacha ses baskets de running et les retira d’un geste rapide, suivies de ses mini-chaussettes noires. Elle resta un instant debout, enfonçant ses orteils dans le sable fin.

— Ça fait du bien de virer les chaussures, dit-elle.

Elle ouvrit la fermeture éclair de son sac à dos et en sortit une serviette en microfibre violette qu’elle étala soigneusement sur le sable. Julien fouilla à son tour dans le sien pour en sortir une grande serviette de bain grise, un peu usée, qu’il posa parallèlement à celle de sa sœur, laissant un espace d’environ un mètre entre les deux.

Julien enleva son t-shirt de sport gris, le pliant rapidement avant de le poser sur son sac. Son torse était légèrement bronzé, marqué par les bretelles de son sac à dos. Il restait vêtu de son short technique beige, dont la ceinture en toile était fermée par une boucle en plastique.

Léa s’assit sur sa serviette, les jambes repliées contre sa poitrine, ses bras entourant ses genoux. Son débardeur turquoise et son short de running noir étaient toujours en place. Elle regardait l’eau.

— Tu vas te baigner comment ? demanda-t-elle sans le regarder.

— J’ai pas pris de maillot de bain de rechange, répondit Julien en s'asseyant à son tour sur sa serviette grise. Si je me baigne avec ce short, il va mettre trois heures à sécher et je vais me choper des irritations pour le retour.

— Bah, fais comme tout le monde ici, alors. Personne ne te connaît.

Julien jeta un coup d’œil vers la mer. Les deux baigneurs flottaient tranquillement sur le dos.

— Et toi ? T’as ton maillot ?

— Oui, il est dans le sac, dit Léa en désignant son sac du menton. Mais franchement, l’idée de remettre un maillot plein de sel et de sable sous mes fringues pour la rando du retour, ça ne m'enchante pas du tout.

Elle passa une main dans ses cheveux pour resserrer son chignon.

— Donc tu vas y aller nue ? demanda-t-il sur un ton neutre.

— Probablement, oui. On est là pour déconnecter, non ? C’est juste de la peau. Et puis, y a pas un chat qu’on connaît ici.

Elle se tourna vers lui, posant ses mains derrière elle sur la serviette pour soutenir son buste. Le débardeur turquoise se tendit légèrement sur sa poitrine sous l'effet du mouvement.

— À moins que ça ne te dérange, toi ? ajouta-t-elle.

— Pourquoi ça me dérangerait ? C’est juste une plage. Chacun fait ce qu’il veut.

— Cool. Alors on ne se prend pas la tête.

Léa se redressa et attrapa le bas de son débardeur turquoise des deux mains. D’un mouvement fluide, elle le passa par-dessus sa tête, révélant sa poitrine nue, sans soutien-gorge de sport en dessous. Elle posa le débardeur plié sur sa serviette. Sa peau était plus claire sur le buste, contrastant avec le bronzage de ses bras et de son cou.

Julien la regarda brièvement sans faire de commentaire, puis reporta son attention sur sa ceinture de short. Il pressa les côtés de la boucle en plastique, qui se détacha avec un clic sec. Il fit glisser la fermeture éclair de sa braguette, puis commença à pousser son short beige vers le bas de ses cuisses. Ses fesses et ses cuisses étaient blanches par rapport à ses mollets bronzés. Il retira complètement le short, le posant à côté de son t-shirt, se retrouvant entièrement nu sur sa serviette grise.

Léa, toujours assise, déboutonna la taille élastique de son short de running noir. Elle souleva légèrement ses hanches pour faire glisser le tissu fluide le long de ses jambes, le retirant d’un geste précis. Elle se retrouva à son tour entièrement nue, assise sur sa serviette violette.

L’air marin caressa leur peau nue, apportant une sensation de fraîcheur immédiate après la chaleur étouffante de la marche. Ils restèrent assis côte à côte, séparés par le court espace entre leurs serviettes, observant le mouvement régulier des vagues.

— C’est quand même vachement mieux sans les fringues de rando qui collent, dit Léa en s’allongeant sur le dos, les bras le long du corps, fermant les yeux pour profiter du soleil qui commençait à descendre.

— Ouais, c'est clair, répondit Julien, restant assis, les coudes posés sur ses genoux pliés. L’eau a l’air super bonne. Tu viens ?

Léa ouvrit un œil, le regardant depuis sa position allongée.

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