Chapitre 2
Alice fit glisser son jean brut le long de ses cuisses, puis de ses mollets, avant de le poser plié sur le banc en bois. Elle se retrouva en t-shirt blanc et culotte en coton blanc simple. À côté d'elle, Hugo retira son t-shirt noir, révélant son torse et ses épaules larges, puis il le déposa dans son casier ouvert.
Le silence du vestiaire n’était troublé que par le bourdonnement discret de la ventilation et la musique lointaine des bols tibétains.
Hugo détacha la boucle de sa ceinture, ouvrit la fermeture éclair de son pantalon cargo noir et le fit glisser le long de ses jambes. Il le posa à côté du sweat gris, restant en boxer noir classique. Ses chaussettes de sport grises étaient déjà rangées dans le casier.
— Bon, dit Alice d'une voix basse, presque un murmure. On y va franchement alors.
Elle passa ses mains sous son t-shirt blanc, l'attrapa par le bas et le fit passer par-dessus sa tête. Ses cheveux châtains se décoiffèrent légèrement. Elle le posa sur son jean. Elle n'avait plus sur elle que son soutien-gorge blanc et sa culotte assortie. Elle attrapa l'un des grands paréos noirs en coton épais sur l'étagère.
Hugo, de son côté, glissa ses mains sous l'élastique de son boxer noir, le descendit d'un geste sec et le posa dans le casier. Entièrement nu, il prit immédiatement le second paréo noir et l'enroula autour de sa taille, le nouant fermement sur sa hanche droite. Le tissu lui tombait juste en dessous des genoux.
Alice décrocha les agrafes de son soutien-gorge dans son dos, fit glisser les bretelles le long de ses bras et le rangea avec le reste de ses vêtements. Elle retira ensuite sa culotte blanche. Sans attendre, elle déplia le paréo noir, l'enveloppa autour de sa poitrine, sous les aisselles, et noua les deux pans au-dessus de son sternum. Le tissu drapé masquait son corps jusqu'à mi-cuisse.
Ils se tournèrent l'un vers l'autre, pieds nus sur le carrelage beige du vestiaire, enveloppés dans leurs paréos noirs identiques.
— Prêt ? demanda Alice en ajustant le nœud sur sa poitrine.
— Ouais. Allons-y, répondit Hugo en ouvrant la porte du vestiaire.
Ils retournèrent dans la grande pièce tamisée. Sonia les attendait, debout entre les deux tables de massage. À ses côtés se tenait une autre femme, plus jeune, vêtue du même ensemble de lin blanc fluide, les cheveux attachés en une tresse stricte.
— Voici Léa, dit doucement Sonia avec un sourire bienveillant. Elle va s'occuper d'Hugo, et je m'occuperai d'Alice. S'il vous plaît, approchez-vous de vos tables respectives.
Alice se dirigea vers la table de gauche. Hugo prit place à droite. Les deux structures en bois sombre étaient alignées, séparées d'un mètre cinquante de vide.
— Pour commencer, détachez vos paréos et allongez-vous sur le ventre, le visage dans la têtière, expliqua Sonia. Nous allons immédiatement vous couvrir avec les draps de relaxation.
Alice dénoua le nœud de son paréo noir au-dessus de sa poitrine. Elle le maintint serré contre son corps le temps de monter sur la table, s'allongea sur le ventre, puis laissa glisser le tissu sur le côté. Au même instant, Sonia déploya un grand drap de bain noir et épais sur son corps, la couvrant des épaules jusqu'aux pieds.
Hugo fit le même mouvement sur sa table. Il dénoua son paréo, monta sur le plateau rembourré et s'allongea face contre terre, glissant son visage dans la têtière circulaire. Léa rabat aussitôt un second drap noir sur lui, le recouvrant entièrement.
Les deux paréos vides furent récupérés par les masseuses et déposés sur un meuble bas.
La pièce était silencieuse, en dehors de la musique de fond. L'odeur d'huile de cèdre devint plus forte lorsqu'un diffuseur de vapeur commença à projeter une brume légère près des tables.
Sonia s'approcha de l'espace situé entre les deux tables de massage.
— Dans la formule Duo Absolu, le flux énergétique ne doit pas être coupé entre les partenaires, commença Sonia d'une voix basse et posée. Le massage travaille sur vos corps individuels, mais aussi sur le lien qui vous unit. Pour harmoniser vos rythmes cardiaques et vos respirations, nous allons vous demander d'établir un contact physique direct.
Hugo bougea légèrement la tête dans la têtière, mais ne dit rien.
Sonia prit délicatement la main droite d'Alice, qui reposait le long de son corps sous le drap, et la fit sortir sur le côté de la table, le bras tendu dans le vide. Au même moment, Léa prit la main gauche d'Hugo et fit de même.
— Laissez vos mains se chercher et se rejoindre, dit Sonia.
Dans l'espace d'un mètre cinquante qui séparait les deux tables, la main d'Hugo, large et un peu rugueuse, rencontra les doigts plus fins d'Alice. Leurs paumes se frôlèrent, puis leurs doigts s'entrelacèrent doucement au-dessus du parquet sombre. Le contact était chaud, un peu hésitant au départ, puis stable.
— Très bien, murmura Sonia. Gardez ce lien tout au long de la première phase. Expirez ensemble.
Sonia retourna au niveau des épaules d'Alice. Elle saisit les coins du drap noir et le rabattit proprement jusqu'au bas des reins d'Alice, découvrant l'intégralité de son dos nu, de la nuque jusqu'à la naissance de ses fessiers. La peau blanche d'Alice se détacha dans la pénombre de la pièce.
De l'autre côté, Léa effectua le même geste sur Hugo. Elle plia le drap noir pour découvrir son dos large, ses omoplates saillantes et le bas de ses reins, s'arrêtant juste au-dessus du grand **cul**.
Sonia prit un flacon en céramique contenant de l'huile chauffée. Elle en versa quelques gouttes épaisses au creux de ses mains, les frotta l'une contre l'autre dans un bruit de glissement fluide, puis posa ses paumes à plat sur les trapèzes d'Alice.
— Nous commençons par l'ouverture des méridiens du dos, annonça Sonia.
L'huile chaude glissa sur la peau d'Alice. Les mains de la masseuse descendirent le long de sa colonne vertébrale, appuyant fermement de chaque côté des vertèbres, avant de remonter par les flancs. Alice laissa échapper un long soupir de soulagement, ses doigts se serrant légèrement sur ceux d'Hugo dans le vide.
Léa commença son travail sur le dos d'Hugo. Ses pressions étaient plus fortes, adaptées à la musculature plus dense du jeune homme. Elle utilisa ses avant-bras pour étirer les muscles lombaires d'Hugo, descendant lentement vers le sacrum.
— Laissez la chaleur de l'huile circuler entre vous à travers vos mains, dit doucement Sonia en insistant sur les omoplates d'Alice. Ressentez les tensions de l'autre s'évacuer par ce point de contact.
Pendant de longues minutes, le seul bruit dans la pièce fut le glissement rythmique des mains huilées sur la peau nue des deux corps, accompagné par les inspirations et expirations lentes d'Alice et d'Hugo. Leurs mains restaient fermement unies dans l'espace séparant les tables. Par moments, lorsque Léa appuyait sur un point sensible du bas du dos d'Hugo, celui-ci pressait brièvement les doigts d'Alice, qui répondait par une pression similaire.
Sonia descendit le long de la table d'Alice. Elle attrapa le bas du drap noir et découvrit la jambe gauche d'Alice, repliant le tissu sur la cuisse droite pour garder la zone pubienne couverte. Elle versa de l'huile sur le mollet d'Alice, puis remonta par de longs mouvements fluides le long de l'arrière de sa cuisse, massant fermement le muscle jusqu'au pli **cul**.
Léa fit de même sur la jambe droite d'Hugo, découvrant ses muscles dessinés et massant vigoureusement de la cheville jusqu'au haut de la cuisse.
— Le stress se loge souvent dans les hanches et le bassin, expliqua Sonia à voix basse. Nous allons libérer ces zones de tension pour que l'énergie circule librement entre vos deux corps.
Sonia posa ses deux mains huilées sur le haut de la cuisse d'Alice et effectua un mouvement circulaire ascendant qui engloba le **cul** gauche, pétrissant fermement la chair pour détendre le muscle piriforme. De son côté, Léa appliqua la même technique sur le **cul** droit d'Hugo, ses mains glissant avec insistance sur la zone charnue et tendue.
Le contact de leurs mains entrelacées au milieu devint plus ferme, comme un point d'ancrage nécessaire face à l'intensité du massage.
Après avoir massé les deux jambes, Sonia et Léa replacèrent les draps noirs sur les corps d'Alice et d'Hugo, les recouvrant entièrement à nouveau.
— La première phase est terminée, dit Sonia. Nous allons maintenant passer à la phase d'alignement frontal. S'il vous plaît, lâchez vos mains un instant et tournez-vous sur le dos, en veillant à garder le drap sur vous pour votre confort.
Alice et Hugo desserrèrent leurs doigts. Leurs bras retombèrent le long de leurs tables respectives.
Sous les grands draps noirs, ils pivotèrent lentement sur le côté, puis sur le dos. Alice ramena le drap sur sa poitrine, le coinçant sous ses aisselles, tandis qu'Hugo ajusta le sien au niveau de sa taille, laissant son torse large et velu à l'air libre.
Sonia et Léa se placèrent de chaque côté des têtes des tables.
Sonia prit à nouveau la main droite d'Alice et la posa sur le bord de la table d'Hugo. Léa prit la main gauche d'Hugo et la guida vers celle d'Alice. Leurs mains se retrouvèrent à nouveau, paumes contre paumes, les doigts s'entrelaçant au-dessus du vide.
Leurs visages étaient désormais tournés vers le plafond, mais en penchant légèrement la tête, ils pouvaient se voir directement. Le regard d'Hugo croisa celui d'Alice dans la lumière jaune et tamisée de la pièce. Leurs visages étaient détendus par le massage, leurs peaux légèrement brillantes d'huile.
— Ouvrez les yeux et regardez votre partenaire, dit Sonia d'une voix presque murmurée. Laissez vos regards s'unir comme vos mains. Respirez à l'unisson. Nous allons maintenant libérer le plexus solaire et le buste.
Sonia posa ses mains chaudes sur le haut de la poitrine d'Alice, juste en dessous des clavicules, tandis que Léa commença à masser les pectoraux d'Hugo en mouvements circulaires lents.